Mais, laissez-moi vivre !

Je n’ai à recevoir des leçons et des conseils de personne.
Quand je n’ai pas sollicité explicitement un avis, je suis dans mes droits de vivre comme je l’entends.
Ce billet est clairement un règlement de compte. Je n’appartiens à personne et ma vie m’appartient.
« Fais comme tu veux, mais fais-le à ma manière » est une traduction approximative de expression russe qu’on m’a souvent dite sous la forme de l’humour.
Sauf que depuis, l’humour est parti est c’est devenu une vérité générale, à la longue.

Aujourd’hui, j’assume totalement la responsabilité du comportement de mon entourage, à savoir que je leur ai – à un moment donné « autorisé » tacitement ou explicitement – à donner leur avis.

Et c’est devenu une habitude, une habitude toxique qui a contaminé ma vie.

J’assume également, le fait que, parfois, par manque d’assurance et/ou tout simplement par amour de l’émulation, j’aime demander l’avis des gens. Que je prends en compte ou pas, mais j’aime ce partage d’expériences. J’aime échanger et partager.
Sauf que, à la longue, j’ai permis à mes amis, ma famille et certaines personnes, à ouvrir gratuitement leur grande gueule alors que je n’ai rien demandé.

Parfois, un parent d’amis me balance un « Dis-donc, tu t’exposes beaucoup sur internet je trouve ».
Mais en fait, je ne t’ai pas demandé ton avis, regarde-toi, tu as tapé mon nom dans Google et tu as utilisé ton temps précieux, pour regarder ce que je publie, en détails. Et ensuite, tu bouillonnais d’envie de me le faire savoir. Tu l’as fait, tu jubiles d’un pouvoir que tu t’es toi-même attribué.

J’aime bien créer du contenu sur internet. Je suis dans la création et toi, qui a ton avis sur ma création, tu ne crée pas, tu juges ouvertement et tu deviens un sale voyeur.
Pourquoi ne crée-tu pas ? Tu n’as pas le temps ? Tu n’as pas envie ? Cela te regarde, par contre, en ce qui Me regarde, c’est que je fais ce que je veux. Et c’est ce qui me donne du pouvoir.

Critique-moi, juge-moi, fais-le pour toi, tout seul devant ton écran. Moi, je ne te juge pas.

En plus, franchement, je suis loin d’être la personne qui heurte la morale ou la bienséance, ça fait même trop longtemps que je suis dans la complaisance. « Pour faire plaisir à tout le monde, ne pas choquer « les gens – qui sont mes « proches lointains » et que je ne connais pas – qui me regardent de leur ordi dans un autre pays».
Mais attendez là : C’est votre problème si vous y voyez un problème. Clairement pas le mien. Mais voilà que, étant hypersensible, empathique, je me suis laissée ENVAHIR par vos jugements. Le terme « envahir » est tellement approprié dans ma situation.
Et je n’ai plus le temps pour cela.

Alors, je ne sais pas à quel moment de ma vie, il y a eu ce mouvement de poulie qui a fait que je suis passée de « Je fais ce que je veux et tout le monde me laisse tranquille » à « Je fais ce que je veux et ça dérange, ça vous démange, ça vous irrite, ça vous gratte ». À quel moment je suis devenue aussi fragile et docile pour permettre ça ? À quel moment, dans mon attitude, j’ai laissé transparaître ce message, l’autorisation de m’humilier ?

Entre « l’amie » qui a « des dons de voyance » et qui me donne par ce biais son avis (négatif) sur la longévité de mon couple en se dédouanant par la « résonance ». Le « pote » qui m’appelle trois fois d’affilé car il a vu ma story sur instagram et il y’a « un grave problème ». Et d’autres gens qui utilisent un membre leur famille ou alors des défunts (pire levier de culpabilisation) pour « donner leur avis » par cet intermédiaire. « Untel se retourne dans sa tombe en voyant « … » », « ça ferait de la peine à ma/mon « grand-mère, grand-père, mère, père, oncle, frère… » si tu fais ça » « tu gères mal ton budget », « tu fais des mauvais choix professionnels » « un ami à la soirée a pensé que tu étais « .. » a cause de ton look » « ça pue la solitude ta story, tu devrais faire des vidéos bien montées sur youtube », « tu n’es pas là même personne sur les réseaux que dans la vie » « Paris est une ville qui ne te convient pas »  « Pourquoi tu lis ce genre de livres alors que tu lisais de la « bonne littérature », « tu ne devrais pas te laisser pousser les cheveux » « tu ne devrais pas faire cette formation » « tu devrais retravailler dans ton domaine » « tu devrais travailler ta précision en peinture ».. BlaBlaBla

NON. C’est non.

C’est du même niveau que : « arrête de vivre ta vie, en fait ça nous emmerde »
Et je ne parle pas de ma famille et de leur rapport à mon corps, aux tatouages, à mes fréquentations, à mes croyances, à mes choix.

Là je dis STOP, et je sais que ces mots vont être lus par les bonnes personnes.
Par ce biais, je leur interdit (tout simplement et en toute simplicité) de me donner leur avis.

Ma mère par exemple, estime que mon corps lui appartient dans la mesure où elle m’a « fabriqué/conçue ».
Alors les parents qui n’arrivent pas à couper le cordon de leur « Création » : il faut arrêter tout de suite.

Vous faites des enfants, qui vont avoir des choix et des attitudes qui vont vous déplaire. Ce n’est pas votre « continuité » et encore moins un mini-enclave à perpétuité. Quand vous faites des enfants, déjà c’est un désir égoïste. Assumez-le et attendez-vous à être déçus et impuissants quand il vont s’émanciper et apprenez à lâcher-prise.
Ce n’est ni un tableau, ni un film, ni vous, ni la projection de vous.

J’écris cet article sans transition avec le précédent, ni photos à publier car je n’en ai pas envie.
Voilà encore que je me justifie, alors que c’est MON espace d’expression. Voilà donc mon erreur. Je me JUSTIFIE. Mais pourquoi ? Stop aussi !

Je vais continuer à marcher vers mon but sans l’influence de personne.
Traitez-moi de ce que vous voulez, mais la seule chose qui peut m’ébranler c’est moi-même.
La seule chose qui peut m’arrêter c’est la maladie ou mort.
Nous, créatures humaines qui ne connaissons pas notre sort, nous ne sommes pas éternelles.
Et pour ma part, j’ai conscience de l’entité éphémère que je suis.

Que je laisse ma trace sur internet d’aujourd’hui (ou IRL), je m’en fous, car que sera internet quand je n’existerai plus ? Je ne suis qu’une fourmis parmis d’autres, alors laissez-moi l’illusion de vivre en totale liberté.

Laissez-moi vivre en totale liberté. La vie que je veux : vêtue comme veux, au poste que je veux, au salaire que j’ai négocié, où je veux, avec qui je veux. Je n’appartiens à personne. Foutez-Moi la paix sinon je vais commencer à me droguer, me foutre à poil sur internet et entrer dans une secte. (Par exemple)

Je suis clairement un ange aujourd’hui par rapport aux barrières personnelles et morales que je me pose déjà moi-même.
Je partage ce que j’ai envie (et dans mes propres limites morales) en ayant conscience de le partager avec tout ceux qui le veulent.
C’est votre choix si vous me lisez, c’est mon choix si je le publie.
Alors encouragez-moi, c’est bien plus positif que d’essayer de me modeler à votre image.
Car je ne suis pas vous. Je ne le serai pas. Et vous n’êtes pas moi. Et on est bien plus riches comme ça.

Et il va falloir faire avec et vivre la vie que vous voulez AUSSI. Vous n’êtes ni esclave, ni dans une caste, ni pauvre, ni condamné à perpétuité. Quittez ce job qui vous emmerde, s’il vous emmerde. Changez de partenaire, ou à défaut trouvez-en, ou assumez votre célibat. Mettez vous au sport, si vous avez envie, ouvrez ce blog, partez en voyage, déménagez.
Arrêtez d’être jaloux. Ça vous rend laids et ça donne le cancer.
Faites votre life les gars. Laissez-moi tranquille.


BONUS
Conte Persan
Le vieux sage, l’enfant et l’âne

Un vieux sage avait un fils très timide. La timidité du jeune garçon était telle qu’il n’osait jamais quitter sa maison. Il craignait que l’on se moque de lui. Son père lui expliqua alors qu’il ne fallait jamais écouter les gens et qu’il allait lui en donner la preuve. – Demain, lui dit-il, tu viendras avec moi au marché !

Tôt de bon matin, ils quittèrent la maison, le vieux sage sur le dos de l’âne et son fils marchant à ses côtés. Quand ils arrivèrent sur la place, des marchands ne purent s’empêcher de murmurer : – Regardez cet homme. Il n’a aucune pitié ! Il se pavane sur le dos de l’âne et oblige son pauvre fils à marcher. Le sage dit à son fils : – Écoute bien leurs réflexions ! Demain, tu viendras avec moi au marché !

Le deuxième jour, le sage et son fils firent le contraire : le garçon monta sur le dos de l’âne et le vieil homme marcha à ses côtés. A l’entrée de la place, les mêmes marchands étaient là : – Regardez cet enfant qui n’a aucune éducation, dirent-ils. Il se repose tranquille sur le dos de l’âne, alors que son pauvre père doit se traîner dans la poussière. Si ce n’est pas malheureux de voir pareil spectacle ! – Tu as bien entendu ? dit le père à son fils. Nous reviendrons demain.

Le troisième jour, ils partirent à pied en tirant l’âne derrière eux au bout d’une corde. – Regardez ces deux imbéciles, se moquèrent les marchands. Ils marchent à pied comme s’ils ne savaient pas que les ânes sont faits pour être montés. – Écoute-les, dit le sage. Demain tu m’accompagneras à nouveau au marché.

Le quatrième jour, lorsqu’ils quittèrent la maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l’âne. A l’entrée de la place, les marchands laissèrent éclater leur indignation : – Quelle honte ! Regardez ces deux là ! Faire souffrir cette pauvre bête. Ils n’ont donc pas de pitié ?

Le cinquième jour, ils arrivèrent au marché en portant l’âne sur leurs épaules. Les marchands éclatèrent de rire : – Regardez ces deux fous qui portent leur âne au lieu de le monter.

Aussi le sage conclut-il : – Vois mon fils, quoi que tu fasses dans la vie, il se trouvera toujours des gens pour te critiquer. Aussi, n’écoute pas leurs opinions mais sois toi-même et trouve ton propre chemin.

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